Patrick Dewaere

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Patrick Dewaere

Message par Invité le Sam 6 Oct - 19:03

Patrick Dewaere, de son patronyme officiel Patrick Jean-Marie Henri Bourdeaux, est un acteur français (accessoirement chanteur et compositeur), né le 26 janvier 1947 à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) et mort le 16 juillet 1982 à Paris 14e.

Considéré par certains comme un des acteurs les plus brillants de sa génération, Patrick Dewaere a incarné la « fureur de vivre » à la française et demeure un modèle pour les générations de jeunes comédiens qui lui ont succédé. Son jeu se caractérise par un naturel, une exactitude et une vérité dans les expressions, dans les gestes et dans les attitudes qui sont désormais jugées comme proches de celle de l’Actors Studio, inventives et généreuses alors qu’en son temps, dans les années 1970, les critiques préféraient les « rondeurs » et le jeu de son alter-ego professionnel, concurrent et ami : Gérard Depardieu. Disparu à l'âge de 35 ans, il aura joué dans trente-sept longs-métrages durant une longue carrière de trente et une années.



Biographie

Fils de la comédienne Mado Maurin, le jeune Patrick fait très tôt partie d’une famille d'artistes, baptisée par le métier les « petits Maurin » comprenant ses frères Jean-Pierre Maurin (1941-1996), Yves-Marie Maurin (1944-2009) et Dominique Collignon-Maurin (né en 1949), auxquels s’adjoignent ensuite Jean-François Vlérick (né en 1957) et Marie-Véronique Maurin (née en 1960). Cette troupe familiale collabore à de nombreux films, téléfilms, feuilletons télévisés ainsi qu'à des représentations au théâtre et à la radio.

Dès ses premières apparitions, à l’âge de 4 ans, il utilise le pseudonyme de Patrick Maurin qu’il va conserver jusqu’en 1967. Cette période enfantine est tumultueuse et il souffre de la compétition artistique entre les « petits Maurin ». À l'âge de 10 ans, il suit même pour les représentations à l'étranger, la troupe de la pièce Misère et Noblesse, mise en scène par Jacques Fabbri. En 1962, il campe le rôle de « l'innocent » dans l'adaptation music-hall de L'Arlésienne aux côtés de Josephine Baker. Après une trentaine de pièces de théâtre et de téléfilms à succès pour l’ORTF, il choisit de prendre du champ par rapport à sa famille pour deux motifs : d’une part, il apprend à 17 ans qu'il n'est pas l'enfant biologique de Pierre-Marie Bourdeaux, bien que celui-ci l'ait reconnu, mais le fils naturel de l’artiste lyrique et chef d’orchestre Michel Têtard (mort en 1960 à l’âge de 35 ans, selon Mado Maurin); d’autre part, son biographe Jean-Marc Loubier affirme qu’il aurait été pratiquement dépossédé d’un héritage par sa mère, à la même période. Ces différends familiaux l’encouragent à adopter un pseudonyme, élaboré à partir du nom marital de sa grand-mère maternelle Devaëre, dont il changera la troisième lettre par un W. C'est ainsi que le nom de Patrick de Waëre, apparaît au générique de la mini-série Les Hauts de Hurlevent en 1964, avant d'adopter l'orthographe sous laquelle il connaîtra la célébrité : Patrick Dewaere.

À 21 ans, il profite des événements de Mai 68, pour rencontrer des acteurs alternatifs et rejoint l’équipe de Romain Bouteille. Il partage ainsi les planches du café de la Gare avec Coluche, Henri Guybet, Martin Lamotte, Renaud, la comédienne et réalisatrice Sotha (pseudonyme de Catherine Sigaux), qu’il épouse le 26 juillet 1968 et dont il divorce le 12 novembre 1979 et celle qui deviendra la passion de sa vie, Miou-Miou. La troupe accueillera ensuite Gérard Lanvin, Gérard Depardieu, Rufus puis Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Anémone et Gérard Jugnot. Parallèlement, Dewaere s’essaie au doublage, prêtant notamment sa voix à Dustin Hoffman dans Le Lauréat ou à Jon Voight dans Macadam cowboy en 1970 et développe sa passion pour la musique et la chanson. En 1971, il compose et interprète en duo avec Françoise Hardy, la chanson T’es pas poli. Comme ses amis du café de la Gare, il tourne également quelques publicités qui aident à financer le théâtre.

Il se révèle au grand public en 1974 dans Les Valseuses de Bertrand Blier, film où il apparaît aux côtés de Gérard Depardieu et Miou-Miou, avec laquelle il vit une intense passion amoureuse de laquelle naît une fille, Angèle, le 13 août 1974. À l’été 1975, Miou-Miou, qui vient d’être choisie pour le tournage du film D’amour et d’eau fraîche, tente d'imposer Patrick Dewaere pour le premier rôle masculin. Mais le réalisateur Jean-Pierre Blanc refuse et préfère engager Julien Clerc. Sur les plateaux, Miou-Miou, dont le couple est en crise, tombe sous le charme du chanteur et quitte Dewaere qui ira jusqu’à « casser la gueule » du chanteur durant le tournage. Cette situation rend particulièrement difficile le tournage du film F… comme Fairbanks qui débute quelques semaines plus tard. Les personnages incarnés par Miou-Miou et Dewaere s’aiment et se déchirent, à l’image des deux acteurs dans leur vie privée.



Alors que sa carrière prend de l’ampleur avec des grands rôles dans Coup de tête (1979), Série noire (1979), Un mauvais fils (1980), Dewaere subit la vindicte de la presse et des médias. Durant cette période, il est trahi par Patrice de Nussac, un journaliste du Journal du dimanche qui lui avait promis — en raison de liens d’amitié — de ne pas révéler son prochain mariage avec Elsa (de son vrai nom Élisabeth Malvina Chalier), la mère de sa seconde fille, Lola (qui deviendra elle aussi comédienne). Après avoir frappé le journaliste d’un coup de poing, Dewaere fait l’objet d'un véritable boycott par la presse et les médias. Les producteurs éprouvent alors quelques réticences à l’employer. Dès lors, il n’est plus interviewé et dans la presse, son nom est même omis au générique du film Un mauvais fils, un exemple sans précédent en France.

Suicide

En 1982, Elsa qu’il a épousée le 16 octobre 1980, le quitte pour son meilleur ami, Coluche. En début d’après-midi du 16 juillet 1982, alors qu’il se prépare depuis plusieurs semaines au tournage du film Édith et Marcel de Claude Lelouch pour lequel il doit incarner le rôle principal de Marcel Cerdan, il met subitement fin à ses jours dans sa maison située 25, impasse du Moulin-Vert à Paris 14e arrondissement, en se tirant une balle dans la bouche avec une carabine 22 Long Rifle, offerte par Coluche, sans laisser de mot d’explication, mais après un appel téléphonique qui, selon les témoins (parmi lesquels Claude Lelouch qui l’avait vu le matin même de sa mort), l’aurait bouleversé.

Selon de récentes révélations de Mado Maurin, le coup de téléphone émanerait d’Elsa, vivant désormais avec Coluche en Guadeloupe, laquelle lui aurait annoncé qu’il « ne reverrait plus jamais sa fille ». En 2007, dans le documentaire Patrick Dewaere, le dernier jour diffusé sur France 2, sa fille Lola confirme elle-même que cette conversation aura été « un élément déclenchant » de son suicide.

Patrick Dewaere est inhumé au cimetière de Saint-Lambert-du-Lattay (Maine-et-Loire) dans le caveau de sa belle-famille.

Filmographie

Sous le nom de Patrick Maurin

1951 : Monsieur Fabre d’Henri Diamant-Berger (non crédité au générique)
1955 : La Madelon de Jean Boyer : un enfant du village
1956 : En effeuillant la marguerite de Marc Allégret (non crédité au générique) : un frère d'Agnès
1956 : Je reviendrai à Kandara de Victor Vicas : Le petit garçon
1957 : La Route joyeuse de Gene Kelly : un des enfants de la famille nombreuse
1957 : Les Espions d’Henri-Georges Clouzot : le petit Moinet
1958 : Mimi Pinson de Robert Darène : le jeune frère de Mimi
1966 : Paris brûle-t-il ? de René Clément (non crédité au générique) : un jeune résistant

Sous le nom de Patrick Dewaere

1971 : La Maison sous les arbres de René Clément (non crédité au générique) : le jeune homme à l’écharpe jaune
1971 : La Vie sentimentale de Georges le tueur, court métrage de Daniel Berger
1971 : Les Mariés de l’an II de Jean-Paul Rappeneau : un volontaire
1972 : Belle, court métrage de Yuri German
1973 : Themroc de Claude Faraldo : le maçon
1973 : La dialectique peut-elle casser des briques ? de René Vienet (voix)
1974 : Les Valseuses de Bertrand Blier : Pierrot
1975 : Lily aime-moi de Maurice Dugowson : Gaston, le boxeur dit « Johnny Cask »
1975 : Catherine et Compagnie de Michel Boisrond : François
1975 : Au long de rivière Fango de Sotha : Sébastien
1975 : Gliscom Butrew , court métrage de Sotha : Bleed
1975 : Pas de problème ! de Georges Lautner : le barman
1975 : Adieu poulet de Pierre Granier-Deferre : Lefèvre
1976 : La Meilleure Façon de marcher de Claude Miller : Marc
1976 : La Marche triomphale de Marco Bellocchio : le lieutenant Baio
1976 : F... comme Fairbanks de Maurice Dugowson : André Fragman dit « Fairbanks » - également crédité comme co-compositeur de la musique
1977 : Le Juge Fayard dit Le Shérif d'Yves Boisset : le juge Fayard
1977 : La Chambre de l'évêque de Dino Risi : Marco Maffei
1978 : La Clé sur la porte d'Yves Boisset : Philippe
1978 : Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier : Stéphane
1979 : Le Grand Embouteillage de Luigi Comencini : l’homme aux monologues
1979 : Coup de tête de Jean-Jacques Annaud : François Perrin
1979 : Série noire d’Alain Corneau : Franck Poupart
1980 : Un mauvais fils de Claude Sautet : Bruno Calgagni
1980 : Psy de Philippe de Broca : Marc
1981 : Plein sud de Luc Béraud : Serge Laine
1981 : Les matous sont romantiques de Sotha : le voisin
1981 : Hôtel des Amériques d'André Téchiné : Gilles Tisserand
1981 : Beau-père de Bertrand Blier : Rémi
1982 : Mille milliards de dollars d’Henri Verneuil : Paul Kerjean
1982 : Paco l’infaillible de Didier Haudepin : Pocapena
1982 : Paradis pour tous d’Alain Jessua : Alain Durieux

Principaux projets de films engagés avant son décès mais qu'il ne tournera pas

1983 : Édith et Marcel de Claude Lelouch : Marcel Cerdan
1983 : La Femme de mon pote de Bertrand Blier : Pascal
1983 : Le Prix du danger d'Yves Boisset : François Jacquemard
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